05-02-2017 00:00 – Lumières du Nord : Séminaire de l’OIM : Echec cuisant d’une campagne de sensibilisation

Lumières du Nord : Séminaire de l’OIM : Echec cuisant d’une campagne de sensibilisation Nord Info – Un séminaire de formation de deux jours, entre le 25 et le 26 janvier, au profit du réseau des journalistes de Nouadhibou a pris fin jeudi dernier à l’hôtel Tasiast.

Cette rencontre était supervisée par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et financée par l’Union Européenne. Durant deux jours, les membres du réseau de journalistes ont été assommés de présentations sur les migrants en situation irrégulière et les dangers qu’ils encourent lorsqu’ils cherchent à passer vers l’Europe.

En outre, des intervenants tels que MM.Thierry Leclerc, journaliste français, Christos Christodoulides, chargé de programme à l’OIM, Doudou Sarr Niang, journaliste et ancien DG de l’Agence de Presse Sénégalaise, un groupe très pédagogue et loin d’être pédant a donné des exemples explicites sur les terminologies à utiliser sur la migration, des discours et stéréotypes utilisés ça et là fustigeant les migrants, les divers types de migrants et sa signification, la différence entre traite de personnes et trafic illicite de migrants.

Tout cela était bien beau mais le message a-t-il atteint les véritables ciblés? Nous nous en doutons fortement.

Les dessous d’un séminaire

D’abord, pour nous, le réseau des journalistes est tombé dans un piège : la plupart des journalistes, en fait des webmasters, sont arabophones. Les séminaristes n’en ont pas tenu compte et ont préféré travailler dans des circonstances difficiles comme s’ils ne cherchaient qu’à tirer leurs épingles du jeu. En effet, tout l’argent du séminaire est parti dans les poches des organisateurs, dans les frais d’hôtel et de restauration.

Ensuite, le thème principal dont le libellé est « Améliorer les capacités d’intervention en Mauritanie en matière d’assistance aux migrants en transit ou vulnérables à travers l’accès à la santé, au droit, à l’aide à la réintégration » n’a nullement été abordé. On est parti de généralités en généralité et la formation était inappropriée. Ce qui a fait dire le chargé de programme à l’OIM, Christos Christodoulides, que ce séminaire doit être repris dans son intégralité en arabe. Un travail de plus pour s’accaparer de ce qui reste du financement du projet ?

Signalons que parallèlement à ce séminaire, un autre atelier de quatre jours avait commencé en même temps le lundi 23 au niveau du pôle de développement de Baghdad de Nouadhibou au profit d’une vingtaine d’Ongs membres de la société civile et de migrants. Six éléments de ceux-ci étaient prévus mais auraient refusé de venir arguant le peu d’intérêt que porte l’OIM à eux.

Pourtant, tout cet arsenal mis en place (ateliers de sensibilisation des journalistes, invitation d’experts, déplacements, dotation de matériels) avait pour objectif principal une meilleure acception, une humaine représentation du migrant. Mais est-ce suffisant ? Les avis sont mitigés. Car comme les représentants des migrants de NDB qui n’ont pas daigné participer aux activités, les journalistes étaient frustrés voire déçus. Par ailleurs, des journalistes viennent de participer, à Nouakchott les 23 et 24 janvier, à la même activité ainsi que des membres de la société civile, ont-ils été traités de la même manière que ceux du réseau de Nouadhibou ?

Notons enfin qu’à la fin de cet atelier absolument bâclé intitulé « Média et Migration », les organisateurs ont remis des attestations aux participants.

Source : Weddou (nordinfo.info)

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