G5 Sahel : le niet de Trump pour un « mandat renforcé » de l’ONU

epa05974762 French President Emmanuel Macron (2-R) and French Foreign Affairs Minister Jean-Yves Le Drian (L) visit the troops of France’s Barkhane counter-terrorism operation in Africa’s Sahel region in Gao, northern Mali, 19 May 2017. French President’s visit in Mali is his first trip outside Europe since his inauguration on 14 May 2017. EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL MAXPPP OUT

Le G5 Sahel, regroupement militaire comprenant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, peine à convaincre de son utilité stratégique dans la lutte contre le terrorisme.

 

Sans le soutien de l’Onu concomitant à celui des Etats-Unis, la nouvelle architecture de lutte contre le terrorisme dénommée G5 Sahel risque, sérieusement, d’être un projet mort-né. Certes, il y a trois mois, la conférence de donateurs organisée à Bruxelles, et parrainée par la France, a été considérée comme un franc-succès, avec du cash venant d’Arabie saoudite (100 millions d’euros), des Emirats arabes unis (30 millions d’euros),  de l’UE (100 millions) et…des USA eux-mêmes (49 millions d’euros). Une cagnotte de 414 millions d’euros et des promesses qui ne peuvent compter cependant toutes pour de l’argent comptant.

On comprend l’intérêt qu’a la France d’accélérer le processus de mise en place, mais surtout d’engagement, de cette force de 5000 hommes, pour envisager le retrait de Barkhane qui coûte à l’armée française un million d’euros par jour, mais les Etats-Unis voient le problème sous un autre angle.

L’appel à des « contributions obligatoires » des membres de l’ONU, lancé par le secrétaire permanent de la force militaire G5-Sahel, Maman Sidikou, mercredi 23 mai au Conseil de sécurité », comme étant la clé de voute d’un « mandat renforcé » pour cette unité anti-jihadiste naissante, bute contre le refus de Donald Trump de financer tout ce qui n’entre pas dans sa vision de l’America First (l’Amérique d’abord). « Une combinaison d’appuis bilatéraux et multilatéraux au Sahel permettra de satisfaire les besoins financiers et logistiques de la force », a estimé à cet égard la diplomate représentant les Etats-Unis au Conseil de sécurité, Amy Tachco. Elle a opposé une fin de non-recevoir aux appels à une implication accrue de l’ONU pour aider la force G5-Sahel, en rappelant les millions de dollars déjà apportés à la région d’une manière bilatérale par Washington depuis des années.

Ainsi, le G5 Sahel doit se prendre en charge, si la volonté des Etats qui le forment est réelle : « Nous sommes encore loin d’avoir atteint une bonne vitesse de croisière dans la mise en œuvre concrète de notre réponse sécuritaire à la crise qui menace de totalement déstabiliser le Sahel et ses environs », a dit le secrétaire permanent du G5 Sahel.

« Même si plus de 80% de nos effectifs sont déjà déployés à notre quartier-général de Sévaré et au niveau des trois zones opérationnelles, il n’en demeure pas moins que nos troupes sont encore généralement mal équipées, les bases militaires et plus globalement la logistique nécessaire à une intervention efficace font défaut », a-t-il précisé.

A terme, la force G5-Sahel, formée de troupes du Niger, de Mauritanie, du Tchad, du Mali et du Burkina Faso, doit comprendre 5.000 militaires. Son efficacité reste sujette à interrogations si, comme le veut Donald Trump, l’appui de l’ONU relève d’une sorte de « minimum vital », à savoir l’actuel soutien logistique fourni par sa force de Casques bleus déployés au Mali qui reste trop limité.

Dans un récent communiqué, le Conseil de sécurité appelle les cinq membres fondateurs du G5-Sahel à lui faire « atteindre sa pleine capacité opérationnelle dès que possible » et aux donateurs à débloquer leurs fonds « pour accélérer sans retard » la pleine aptitude de la force à agir.

Il demande d’autre part des enquêtes sur toute allégation de violation des droits de l’homme en lien avec l’activité de la nouvelle unité militaire internationale, une mention qui semble répondre à une préoccupation exprimée mercredi par les Etats-Unis.

Sneiba Mohamed

Source : AFRIMAG (Maroc)