Le syndrome du hartani

Etre hartani n’est décidément pas la meilleure « disposition » souhaitable pour être responsable dans ce pays qu’on appelle Mauritanie. Que vous soyez « partizan » invétéré du pouvoir (comme Sidi Ould Salem ou encore Khadijetou M’Bareck Fall)  ne vous consacrant qu’à l’application stricte du « programme et des recommandations du président de la République », ou leader d’un des partis de l’opposition « responsable » (dialoguiste) que des circonstances favorables ont placé dans un poste très convoité (comme Ethman Ould Bidiel, passé de « mangeur de craie » à vice-président de la CENI), vous n’êtes pas à l’abri d’attaques qui n’ont d’autres motifs (motivations) que votre statut social.

A un collègue du ministère de l’enseignement  supérieur et de la recherche scientifique qui fustige à longueur de journée le comportement de Sidi Ould Salem, coupable selon lui d’avoir « inondé » le département par ses « cousins », je réponds, sans me fâcher, parce que sûr d’avoir les bons arguments de mon côté, ne serait-ce qu’en me basant sur la « jurisprudence » tribale et comportementale de chez nous : « et que font tes propres cousins » ? Sidi Ould Salem n’est qu’un ministre (hartani) parmi vingt autres de ses « cousins » maures. Pourquoi l’accabler quand il fait comme les autres ?

Non, je ne fais pas l’apologie du sectarisme mais je m’érige contre la cabale à relents racistes dont sont victimes les hartanis responsables ou « responsabilisés » par un pouvoir pour des considérations de dosage ou d’entente avec des partenaires politiques.

C’est ce même fil conducteur qui explique aujourd’hui la campagne intense menée contre Ethman Ould Bidiel qu’on accuse d’avoir placé des éléments de son parti, l’Alliance populaire et progressiste (APP) dans certains rouages de la CENI. Comme si les autres, y compris le président de cette institution, n’ont pas une certaine « filiation » avec le pouvoir et le parti qui le soutient.

Heureusement que ces agissements ne sont que l’exception (qui je le souhaite de tout cœur ne confirme pas la règle). Ces accusations, venant d’une certaine presse, relève du « peshmerguisme » pur et dur auquel Ethman, que je connais en tant que professeur sérieux et très compétent, a certainement refusé de se soumettre, mais j’ai jugé nécessaire de soulever cette question pour montrer sa gravité.

La stigmatisation basée sur la couleur, l’appartenance à la tribu ou à la région est à bannir si l’on veut en finir avec ce que d’aucuns considèrent comme le Mal d’une communauté nationale qui souffre encore, à tous les niveaux,  de ses particularismes.

Sneiba Mohamed