Elections : si l’on n’est pas en mesure d’aider la CENI, il ne faut pas lui compliquer la tâche

Le plus grand défi auquel la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est confrontée, pour la tenue du scrutin du 1er septembre 2018, c’est la pléthore de candidats. Première conséquence fâcheuse : le bulletin de vote lui-même. Son envergure mais aussi la difficulté pour des électeurs aux ¾ analphabètes de « reconnaître » leurs champions dans une cohorte de signes modernes et anciens. Mais la difficulté qui trouble aujourd’hui le sommeil des Sages de la CENI c’est celle des représentants des partis politiques, le jour du vote, au sein des bureaux. Pratiquement, il est impensable que la centaine de formations politiques en course puissent tenir dans une salle. Vouloir être là, plutôt que de contribuer au bon contrôle du vote risque de créer le désordre. Les partis politiques auxquels la CENI aurait proposé d’agir au sein de leurs coalitions (majorité, CUPAD, FNDU), ne seraient pas enclins à cette solution pourtant la seule envisageable dans le cadre d’élections dont l’organisation sort de l’ordinaire.

A une semaine du scrutin, les différents protagonistes de cette opération doivent comprendre que le processus est irréversible. Les élections auront lieu. Et, si l’on est animé de bonne foi, mieux vaut aider la CENI à réussir son pari plutôt que de lui mettre des bâtons dans les roues (médias, partis politiques, etc) et de l’accabler par la suite. Dans toute élection, ici ou ailleurs, la réussite dépend des bonnes dispositions de tous les acteurs. Ne dit-on pas que : « une seule main n’applaudit pas » (eyd wahda maa t’safeg ».

 

Sneiba Mohamed