Aleg : une mairie « sinistrée »

Le nouveau maire d’Aleg, Mohamed Ould Ahmed Challa, et son équipe auront du pain sur la planche. La mairie qu’il reprend à son prédécesseur, l’actuel secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ould Soueidat, est dans un piteux état. Il suffit de voir le photoreportage suivant pour se convaincre qu’on est, à l’opposé du dicton hassaniya, « elli ghadheb eyba’ad ech’houdou » (celui qui ment n’a qu’à donner les noms de témoins lointains ».

Ould Soueidat a remis les cléfs de la mairie d’Aleg à Ould Ahmed Challa dans des conditions qui n’ont rien à voir, disent certains, avec la situation que le premier avait légué, il y a cinq ans, à son successeur.

Le parc automobile est hors usage, comme si un tsunami est passé par là. L’insalubrité n’a rien à envier à celle de la capitale Nouakchott, même si la ville d’Aleg est à peine comparable à une moughataa de la capitale. Le personnel est pléthorique et, comme pour compliquer la tâche à la nouvelle équipe, il aurait été agrandi de 11 nouveaux agents !

Qui est responsable d’une telle situation ?

Le maire sortant évidemment. Nommé secrétaire général du ministère de l’Intérieur, il a laissé derrière lui une équipe qui n’a pas été en mesure d’assurer le « minimum vital » en termes de services sociaux. Un certain Levghih, instituteur de son état, confirmé secrétaire général de la commune, il y a peu, serait le vrai maître de la cité. Rien ne lui échappe : collecte des taxes, dont personnes ne peut dire où elles vont, gestion TRES personnelle de la mairie et manque de vision quant au rôle qu’il devait jouer en attendant que son « protecteur » passe la main.

Autre preuve de ce désastre : le jour de la passation, l’électricité était assurée par un fil tiré de l’extérieur, les ampoules de la salle de réunion ne fonctionnant pas, tout comme la plupart des serrures !

Mais la preuve la plus probante de cette situation de « sinistre » se trouve être l’état financier de la mairie. Il faut un miracle pour que la nouvelle équipe puisse travailler dans des conditions acceptables.

On espère cependant que la décentralisation engagée, aux forceps, par le gouvernement, sous l’impulsion du président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, profitera aussi bien aux nouveaux conseils régionaux qu’aux communes qui doivent travailler en parfaite symbiose. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas blâmer la nouvelle équipe qui a besoin du temps pour une remise à niveau d’une commune devant repartir pratiquement de rien.

Mohamed Ould Brahim