Mabingue Ngom, Directeur Régional de l’UNFPA, hôte de la Mauritanie

M.Mabingue Ngom, Directeur Régional du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui couvre 29 pays du Continent, sera l’hôte de la Mauritanie, ce vendredi 2 novembre 2018. Une visite de vingt-quatre heures durant laquelle il rencontrera, selon nos informations, le Ministre de l’Economie et des Finances, ainsi que ses collègues de la Santé et des Affaires Sociales. Il serait également question d’une rencontre avec la jeunesse mauritanienne, une frange qui est au cœur de ses préoccupations. Au niveau du Bureau pays, le Représentant Résident, M.Saidou Kaboré et ses collaborateurs sont à pied d’œuvre pour préparer l’évènement.

M.Mabingue Ngom, Directeur Régional UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

Reconnaître les progrès accomplis

Le Directeur Régional profitera certainement de sa rencontre avec les autorités mauritaniennes pour les féliciter pour les progrès réalisés dans plusieurs domaines liés à la santé sexuelle et reproductive, notamment l’adoption en 2016 d’une loi sur la Santé de la Reproduction (SR) et l’élaboration d’une Stratégie nationale de la SR 2016-2020, la formation entre autres de 1.513 prestataires de santé dans les différents domaines de la SR (technologies contraceptives, logiciel Channel, soins obstétricaux d’urgence, etc). La Mauritanie a sans doute amélioré l’équipement de plusieurs  centres de santé en matériel gynécologique pour assurer l’utilisation, la gestion et la distribution de produits contraceptifs de qualité. Elle a aussi sensiblement amélioré certains indicateurs clés, même s’ils restent encore élevés (mortalité maternelle, mortalité infanto-juvénile et néonatale, indice de fécondité, etc).

L’occasion sera à coup sûr propice pour Mabingue Ngom de plaider en faveur du Dividende Démographique et de l’investissement dans les jeunes. L’opportunité sûrement dé féliciter de nouveau la Mauritanie pour avoir été le premier pays du Sahel à avoir élaboré son profil démographique au sein du projet SWEDD qui la lie au Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Tchad.

Plaidoyer pour le financement du programme pays 2018-2022

M.Mabingue Ngom mettra aussi sans doute sa visite à profit pour plaider en faveur d’une plus grande allocation budgétaire aux services de la santé reproductive, la planification familiale, l’égalité genre, la scolarisation des filles, la santé des adolescents, la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes (MGF, mariage des enfants en particulier), autant de sujets qui sont au cœur des objectifs poursuivis par l’UNFPA à travers le Projet SWEDD et son assistance technique à la Mauritanie.

L’aspect financier sera sans détours au cœur de la visite du Directeur régional à l’heure où le 8ème Programme pays de la Mauritanie affiche d’ambitieux projets. Le Plan stratégique de l’UNFPA propose en effet une assistance de 15 millions de dollars pour la période 2018-2022, dont 10, 8 millions de dollars destinés à la santé sexuelle et reproductive, à travers le relèvement du  taux de prévalence contraceptif à 28% (17,8% actuellement) et celui de l’assistance qualifiée à la naissance de 84, 5% (69,3% actuellement). Un autre volet du financement envisagé concerne l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, ainsi que les indicateurs liés aux questions de population et développement. Une partie de cette enveloppe, 5 millions de dollars, proviendra du budget ordinaire de l’UNFPA et les 10 millions restants devront être couverts soit, en partie, par cofinancement de l’Etat mauritanien, soit par les autres partenaires financiers. Et c’est là que le concours de l’Etat mauritanien sera sans doute sollicité pour aider à drainer la contrepartie internationale.

A noter que le 2ème Plan national du développement sanitaire (PNDS 2) et son Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) 2017-2021, font ressortir une faible part du budget national destiné à la santé d’une manière générale (à peine 7%) et de la santé sexuelle et reproductive en particulier,  qui restent tributaires de l’aide extérieure, avec l’absence d’une stratégie nationale de financement de la santé en Mauritanie. Le niveau d’augmentation du budget du Ministère de la Santé reste en effet très en deçà des objectifs prévus par le PNDS 1 (8,5%) et la Déclaration d’Abuja qui recommande d’affecter 15% des budgets nationaux à la santé.

Cheikh Aïdara