Taghiyoullah ou la noblesse de l'impartialité

Dans les grandes séquences de la vie publique, les critiques naissent souvent moins des insuffisances que de la frustration de ceux qui n'ont pas obtenu ce qu'ils espéraient. La conférence de presse de Monsieur le Président de la République n'a pas échappé à cette règle. Au centre de certaines controverses s'est retrouvé le maître de cérémonie, Taghiyoullah, dont la prestation mérite pourtant une lecture plus sereine et plus objective.

Être chargé d'orchestrer un échange entre le Chef de l'État et la presse nationale et internationale exige bien davantage qu'une simple distribution de la parole. Il faut savoir concilier le respect du protocole, la maîtrise du temps, l'équilibre entre les médias et la fluidité des échanges, sans jamais laisser transparaître la moindre préférence. Cet exercice délicat, Taghiyoullah l'a accompli avec une remarquable aisance. Sa courtoisie, son sang-froid et sa parfaite connaissance des exigences de l'événement ont permis le déroulement d'un débat ordonné, respectueux et équilibré.

Ceux qui lui reprochent aujourd'hui d'avoir appliqué les règles avec impartialité semblent oublier que l'équité ne consiste pas à satisfaire toutes les attentes individuelles, mais à garantir à chacun les mêmes droits. Un maître de cérémonie n'est ni un arbitre des sensibilités ni le dépositaire des frustrations de quelques-uns ; il est le garant d'un cadre où chacun peut s'exprimer dans le respect des règles communes.

Au terme de cette conférence de presse, un constat s'impose : l'organisation a été maîtrisée, les interventions harmonieusement réparties et le rythme parfaitement tenu. Cette réussite porte incontestablement l'empreinte de Taghiyoullah. Son savoir-faire, son sens de l'État et son élégance professionnelle illustrent une vérité simple : la compétence authentique s'exprime dans la discrétion, mais elle finit toujours par s'imposer aux regards les plus honnêtes.

 

Sid'Mhamed Ould Mhaymed