Dans le cadre de la jeune militante du mouvement IRA, Warda Ahmed Souleymane, ses avocats ont publié ce communiqué ci-dessous, en réaction au communiqué du Parquet de la République concernant son interpellation devant la justice.
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux
Collectif des avocats pour la défense de la détenue Maimouna Mint Ahmed Ould Slimane, dite « Warda »
Le Parquet a publié un communiqué hier, dimanche 19/04/2026, par lequel il a tenté de couvrir la violation flagrante de la loi commise à l’encontre de notre cliente, Mme Maimouna Ahmed Souleymane, dite « Warda », dans une tentative maladroite de justifier la détention arbitraire qu’elle subit depuis plus d’un mois.
Le Parquet a affirmé dans son communiqué que l’arrestation de « Maimouna » faisait suite à la violation des conditions du contrôle judiciaire auquel elle avait été soumise pour une durée de deux mois seulement, en vertu de l’ordonnance n° 2025/27 en date du 06/11/2025, rendue dans le cadre du dossier du Parquet n° 2025/1082.
Avant d’examiner en détail la faiblesse dudit communiqué, il convient de souligner qu’il a été publié à la hâte à la fin du week-end, dans un contexte politique marqué par la confusion et la tension, alors que les interrogations se multipliaient quant aux raisons et aux motivations de cette arrestation.
Le communiqué comporte une confusion étonnante entre deux actes judiciaires distincts, le mandat de dépôt et le mandat d’arrêt, ce qui révèle, dans cette affaire, un manque de considération du Parquet pour les procédures pénales, dont le respect constitue pourtant le rempart essentiel contre les atteintes aux libertés.
S’agissant des circonstances de l’arrestation de « Maimouna », nous rappelons ce qui suit :
Le 06/11/2025, Mme Maimouna Ahmed Souleymane a été placée sous contrôle judiciaire pour une durée de deux mois, comme indiqué précédemment, en vertu de l’ordonnance n° 2025/27 rendue par le juge d’instruction du premier cabinet près le tribunal de la wilaya de Nouakchott Ouest.
À l’expiration de la période de contrôle judiciaire, sans qu’elle ne soit prolongée, notre cliente a automatiquement recouvré sa liberté. Les autorités judiciaires et sécuritaires l’ont d’ailleurs traitée comme telle pendant plus d’un mois. Elle n’était plus tenue de se présenter devant les services de police judiciaire pour émarger, elle s’est déplacée en dehors du ressort territorial du juge d’instruction au vu et au su de tous, et a participé à des activités politiques et de défense des droits humains.
Après avoir été interpellée alors qu’elle participait à une activité politique organisée devant le commissariat de Dar Naïm 2, Mme Maimouna a été placée en garde à vue, puis conduite devant le juge d’instruction qui, à la demande du Parquet, a émis à son encontre un mandat de dépôt au motif qu’elle n’aurait pas respecté les conditions d’une précédente décision de placement sous contrôle judiciaire, une décision qui, en droit, était pourtant dépourvue de tout effet depuis plus d’un mois.
Contester ces faits et ces procédures revient à nier l’évidence. Le Parquet n’a trouvé d’autre moyen de s’en dégager que d’affirmer dans son communiqué que « le mandat de dépôt a été émis tardivement », alors qu’il a été délivré et exécuté le même jour, en violation manifeste de la loi.
Au regard de ce qui précède, nous considérons que Mme Maimouna Ahmed Souleymane est aujourd’hui en détention arbitraire, nous entreprendrons toute action judiciaire disponible afin d’y mettre un terme définitif dans les plus brefs délais.
Nous demandons au Parquet de contribuer à la régularisation des procédures en requérant la libération immédiate de Mme Maimouna Ahmed Souleymane dite « Warda ».
Le collectif de défense
Nouakchott, le 20 avril 2026
Le parquet général de Nouakchott Ouest clarifie les circonstances de l’arrestation de Maimouna Mint Sleymane dite Warda
Le parquet général de Nouakchott Ouest a publié un communiqué clarifiant les circonstances de l’arrestation de Maimouna Mint Sleymane, dite « Warda », et démentant les informations circulant sur certains réseaux sociaux concernant les motifs de son arrestation.
Voici le texte de ce communiqué, dont une copie est parvenue à l’Agence mauritanienne d’information (AMI) :
« Nous avons récemment constaté la circulation sur les réseaux sociaux d’informations inexactes et mensongères concernant les motifs de l’arrestation de Maïmouna Mint Sleymane, dite « Warda ».
Le parquet tient donc à préciser qu’avant son arrestation, elle faisait l’objet d’une enquête pénale (dossier n° 1082/2025) et était placée sous contrôle judiciaire dans l’attente des résultats de l’enquête. Il a été constaté qu’elle avait manqué aux obligations découlant de ce contrôle, ce qui a nécessité l’émission d’un mandat d’arrêt, conformément à la procédure légale.
Il convient également de noter que l’exécution du mandat d’arrêt a été retardée car elle se trouvait hors de Nouakchott. À son retour, le mandat a été exécuté conformément à la procédure légale.
Par conséquent, les motifs de son arrestation n’ont aucun lien avec les déclarations qui lui sont attribuées concernant des personnes détenues par les services de sécurité. Ces déclarations font toujours l’objet d’une notification auprès du Parquet général de la part de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel, et le Parquet général n’a pris, à ce jour, aucune mesure à ce sujet.
Le parquet réaffirme son engagement à appliquer la loi en toute impartialité et indépendance, et appelle à faire preuve de rigueur et à éviter la diffusion d’informations non vérifiées.
Le Parquet général ».

