Des ambassadeurs favorables aux échanges commerciaux avec l’Algérie : en route vers l’Afrique de l’Ouest !

Plus qu’un point de passage vers la Mauritanie, le poste frontalier Mostefa-Ben-Boulaïd est devenu un portail d’échanges commerciaux entre l’Algérie et plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest. En combinant la ligne ferroviaire de l’Ouest, qui, désormais, part d’Oran jusqu’à Gara Djebilet, en passant par Sidi Bel-Abbès, Mecheria, Naâma, Aïn Sefra, Béchar et Tindouf, et la route en construction entre Tindouf et Zouerate (Mauritanie), le transport de marchandises vers le marché mauritanien et, au-delà, vers l’Ouest africain peut se faire à grande échelle.

Le Salon des services et produits algériens, qui se tient actuellement à Tindouf, est destiné à présenter tout ce que l’économie algérienne peut offrir aux pays de l’Afrique de l’Ouest via la frontière algéro-mauritanienne. Organisé sous le slogan "Tindouf, porte d'exportation vers les pays de l'Afrique de l'Ouest", il connaît la participation de 104 entreprises algériennes activant dans les domaines de la production et des services, ainsi que 45 entreprises artisanales, dans le but de mettre en valeur les capacités nationales et de promouvoir les produits algériens sous toutes leurs formes. Des représentants des ambassades de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest à Alger sont présents sur place pour évaluer les opportunités offertes, dont certaines sont fort intéressantes car répondant à des besoins dans leurs pays respectifs.

D’ailleurs, plusieurs d’entre eux ont salué la forte dynamique que connaissent les échanges commerciaux entre l'Algérie et les pays du continent, portée par une volonté politique affirmée et une orientation stratégique visant à diversifier l'économie et à renforcer les échanges hors-hydrocarbures. En effet, ces diplomates ont expliqué, dans des déclarations faites sur place à l’Agence Presse Service (APS), que les initiatives lancées par l'Algérie, notamment à travers l'organisation de salons économiques et l'intensification des rencontres bilatérales, ont contribué à ouvrir de nouvelles perspectives aux opérateurs économiques et à renforcer la présence des produits algériens sur les marchés africains, particulièrement en Afrique de l'Ouest.

Ils ont également souligné l'importance de l'amélioration des infrastructures et de la facilitation des procédures d'exportation afin de soutenir l'intégration économique africaine et de renforcer les partenariats fondés sur le principe du bénéfice mutuel. Pays pivot de cette dynamique d’échanges économiques, la Mauritanie est appelée à connaître un développement tout au long du tracé de la route transfrontalière en construction vers Zouerate.

Dans ce contexte, l'ambassadeur de la République islamique de Mauritanie en Algérie, Sidi Mohamed Abdellah, a indiqué que la ville de Tindouf est devenue une porte stratégique de l'Algérie vers les marchés de l'Afrique de l'Ouest, saluant le rôle croissant du Salon des produits et services algériens destinés à l'exportation dans la promotion des échanges commerciaux entre l'Algérie et la Mauritanie. Il a précisé que cet événement économique revêt une importance croissante en tant que plateforme de promotion du produit algérien vers des marchés regroupant plus de 150 millions de consommateurs en Afrique de l'Ouest, ajoutant que les échanges commerciaux entre l'Algérie et la Mauritanie ont connu une croissance rapide, atteignant environ 500 millions de dollars, avec des perspectives d'augmentation après l'achèvement du projet de la route Tindouf-Zouerate, ce qui permettra d'améliorer la fluidité et d'accélérer les échanges.

L'ambassadeur mauritanien a également souligné que le produit algérien bénéficie d'une large acceptation sur le marché mauritanien, d'où il est réexporté vers les pays d'Afrique de l'Ouest à la faveur du Salon annuel des produits algériens organisé en Mauritanie qui a connu, lors de sa précédente édition, la participation de plus de 220 entreprises algériennes, avec des prévisions d'atteindre environ 300 entreprises lors de la prochaine édition.

Il a, en outre, révélé l'existence de consultations avancées entre les deux pays en vue de conclure un accord préférentiel portant sur une liste de produits qui seraient exonérés de droits de douane des deux côtés, contribuant ainsi à la libéralisation des échanges commerciaux et au développement des zones frontalières. Il a indiqué que les relations algéro-mauritaniennes connaissent un niveau remarquable, notamment sur le plan politique, tandis que la coopération économique est récemment devenue un levier essentiel de ces relations, soutenue par de grands projets structurants tels que la route terrestre et la zone frontalière de libre-échange.

M. Sidi Mohamed Abdellah a rappelé, dans ce cadre, que l'ouverture des postes frontaliers entre les deux pays, à l'initiative de leurs dirigeants, il y a environ un an et demi, a donné un nouvel élan aux échanges commerciaux, concrétisant la volonté commune de renforcer la coopération bilatérale et de répondre aux aspirations des deux peuples.

Le Sénégal, pays frontalier de la Mauritanie, et se trouvant ainsi dans le prolongement de la route vers Zouerate, est également intéressé par des échanges commerciaux terrestres avec l’Algérie.

En effet, l'ambassadeur de la République du Sénégal, Mbaba Kora Ndiaye, a affirmé que l'Algérie a démontré sa volonté de renforcer la coopération avec les pays du continent, soulignant que l'inauguration de la banque algéro-sénégalaise constitue un indicateur des efforts déployés pour faciliter l'investissement et les échanges commerciaux entre les deux pays, ainsi qu'avec le reste de l'Afrique. Il a ajouté que cette banque vise à soutenir les acteurs économiques algériens et sénégalais dans le développement des investissements, ainsi qu'à accompagner les initiatives des institutions multilatérales visant à assurer une croissance équitable et inclusive en Afrique, insistant sur la nécessité de renforcer cette coopération dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

La République de Sierra Leone, autre pays de l’Afrique de l’Ouest, est également présente au Salon à travers son ambassadeur à Alger, Alhaji Brima Elvis Koroma, qui a évoqué l'importance de cette manifestation dans la promotion des exportations algériennes vers l'intérieur du continent africain dans un contexte marqué par un intérêt croissant des opérateurs économiques pour accéder aux marchés africains via la porte mauritanienne, ce qui renforce la dynamique d'intégration économique régionale.

Il a salué les positions de l'Algérie en faveur des pays africains et son rôle dans le renforcement de la solidarité africaine, mettant en avant la volonté commune de développer les relations de coopération entre les deux pays vers des horizons plus larges.

De son côté, le premier secrétaire de l'ambassade de Guinée, Mohamed Abderrahmane, a insisté sur l'importance de développer le commerce intra-africain et de renforcer la coopération et la communication entre les pays du continent, afin de réaliser l'intégration économique dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en soulignant la nécessité d'exploiter les importantes ressources dont regorge le continent.

A la lumière de ces déclarations, il apparaît clairement que la perspective d’échanges commerciaux terrestres entre l’Algérie et des pays de l’Afrique de l’Ouest est favorablement accueillie, voire même très attendue, par plusieurs des pays concernés.

En sus du fret maritime, qui connaît lui aussi un renforcement des liaisons entre des ports algériens, mauritaniens et sénégalais, le fret terrestre présente plusieurs avantages, dont la plus importante est incontestablement la dynamique économique qu’il peut créer dans les villes, agglomérations, bourgades et villages bordant la route concernée.

Il y a aussi les postes d’emploi directs et indirects que ce couloir d’échanges commerciaux est susceptible de créer dans tous les pays concernés.

Cela, sans compter la mise à disposition des citoyens africains de l’Ouest du continent des produits fabriqués ou cultivés en Afrique, et donc, plus abordables financièrement que ceux ramenés d’Europe ou de continents plus éloignés. C’est tout simplement l’archétype de l’intégration intra-africaine que des dizaines de millions d’Africains appellent de leurs vœux.

C’est également l’illustration de la capacité des Africains à s’affranchir de la dépendance économique vis-à-vis d’autres pays, plus particulièrement les anciens pays colonisateurs.

La concrétisation de cette politique ambitieuse passe aussi par une adhésion pleine et entière des pays concernés. On ne peut construire des relations fiables, qu’elles soient politiques, économiques ou commerciales, sans un engagement sincère et une confiance mutuelle. L’Algérie tend la main pour un partenariat multilatéral fructueux. Les autres pays gagneraient à tendre la leur.

El Moujahid