Par Nouh Mohamed Mahmoud, journaliste
Il est difficile de porter un jugement équitable sur une expérience de gouvernement de sept années sans en examiner à la fois les réussites et les insuffisances, loin des excès de l'éloge comme des critiques excessives. L'observation du parcours du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani montre que certains dossiers ont enregistré des avancées notables, tandis que d'autres continuent de souffrir de dysfonctionnements qui appellent des réformes et une évaluation approfondie.
Sur le plan de la souveraineté, la Mauritanie est parvenue, au cours des dernières années, à préserver une stabilité sécuritaire remarquable dans un environnement régional particulièrement instable. Le pays a également renforcé sa présence diplomatique en développant des relations équilibrées avec ses différents partenaires, ce qui lui a permis d'acquérir une place reconnue sur les scènes régionale et internationale.
Au niveau politique, cette période s'est distinguée par un discours plus apaisé, une plus grande ouverture au dialogue et une nette diminution des tensions qui avaient marqué les étapes précédentes. Les programmes sociaux en faveur des couches les plus vulnérables ont également été poursuivis, même si leur impact concret demeure sujet à débat au sein de l'opinion publique.
À l'inverse, il est difficile d'ignorer que plusieurs secteurs des services publics et du développement n'ont pas atteint le niveau de performance attendu par les citoyens. Le système de santé continue de faire face à des insuffisances importantes, l'enseignement demeure confronté à de nombreux défis et les infrastructures, dans certaines régions, n'ont pas évolué au rythme des investissements annoncés. Les Mauritaniens dénoncent également la hausse du coût de la vie, la lenteur de l'exécution des projets et les disparités persistantes entre les différentes wilayas.
Il convient toutefois de reconnaître que ces insuffisances sont, dans une large mesure, liées aux performances des administrations et des départements ministériels, qui portent une responsabilité directe dans la planification, l'exécution et le suivi des politiques publiques. Toute vision présidentielle ne peut produire des résultats tangibles sans une administration compétente, capable de traduire les orientations politiques en réalisations concrètes perceptibles par les citoyens.
À l'heure où cette expérience entre dans une phase plus avancée, la nécessité apparaît de procéder à une évaluation objective des secteurs qui n'ont pas atteint leurs objectifs, de juger les responsables sur la base de leurs résultats plutôt que sur d'autres considérations, et de renforcer les principes de compétence, de responsabilité et de reddition des comptes.
Soutenir le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ne signifie pas passer sous silence les insuffisances. Au contraire, cela suppose de privilégier la franchise, la critique constructive et la recherche de solutions, car la réussite du projet de réforme dépend également de la capacité à améliorer les instruments de mise en œuvre et à renouveler les équipes là où les résultats escomptés n'ont pas été obtenus.
La véritable loyauté envers la nation et ses dirigeants consiste à dire la vérité, à saluer les succès, à signaler les insuffisances et à proposer des solutions. Si la Mauritanie a réussi à préserver sa sécurité et à renforcer son rayonnement extérieur, la prochaine étape devra faire de l'amélioration des services publics, de l'efficacité de l'administration et de l'accélération du développement des priorités aussi essentielles que les autres grands dossiers nationaux.

