La hausse des prix de la viande n’est manifestement pas considérée par le gouvernement comme une simple fluctuation du marché. La réunion présidée ce mercredi par le Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay, consacrée à cette question, traduit au contraire une volonté de traiter directement un problème qui touche quotidiennement le pouvoir d’achat des ménages mauritaniens.
Le choix de la viande comme l’un des premiers fronts de cette nouvelle bataille contre la vie chère n’est pas anodin. Aliment de première nécessité, elle occupe une place centrale dans les habitudes alimentaires et constitue également une ressource économique majeure pour le pays. Depuis avril dernier, un accord avait déjà permis de plafonner à Nouakchott le prix du kilogramme de viande ovine et caprine à 3 500 ouguiyas, celui de la viande bovine et cameline à 2 700 ouguiyas et celui des côtelettes de chameau à 3 000 ouguiyas.
La démarche annoncée aujourd’hui va plus loin. Elle vise à corriger les dysfonctionnements du marché, à empêcher la spéculation et les hausses injustifiées, mais aussi à garantir un approvisionnement régulier. Surtout, le gouvernement entend préserver un équilibre entre les différents maillons de la filière : éleveurs, bouchers, administration et consommateurs.
La création d’une commission réunissant les acteurs concernés devrait permettre d’organiser davantage la profession et de clarifier les responsabilités. L’extension du plafonnement à toutes les communes du pays avant la fin de la semaine constitue, quant à elle, un signal fort : la protection du pouvoir d’achat ne doit pas rester limitée à la capitale.
Cette intervention s’inscrit dans une politique plus large de régulation des produits essentiels, déjà engagée par le gouvernement à travers le contrôle des marchés, le suivi des stocks et la lutte contre la spéculation.
En s’attaquant à la « viande », premier « os » de cette nouvelle séquence, le gouvernement affiche ainsi une ligne claire : laisser jouer le marché, mais pas au détriment du consommateur.
Sneiba

