Déjà en février dernier, c'est-à-dire dire d’il y'a 8 mois, j'écrivais ici même sous le titre "Aimez-le ou pas, El Mokhtar Ould Diay a réussi …" qu'il était "l’un des hommes-clés du Président de la République, parmi les plus précieux" ... "plus que tout autre acteur politique de l’entourage et de la majorité présidentielle."
Mieux que "M. El Mokhtar Ould Diay est un personnage qui prend de la place dans la conscience collective". Et de prévenir : "Attention, je ne dis pas qu’il fait du surplace. Non, je dis qu’avec cette longévité et cette constance dans l’action gouvernementale et politique, il devient une figure Nationale. Or, qui dit figure Nationale dit respect. J'ajoutais aussi qu’il force l’estime voire l’admiration, ce que je concède de ma part, tout en précisant : "Si seulement je le connaissais un peu plus pour attester de ses qualités de dirigeant, avec ce que cela sous entend de sagesse, de grandeur d’âme, de générosité, de solidité et de patience.
Malheureusement, je ne l’ai jamais côtoyé même s’il m’avait dit une fois au détour d’une conférence de presse de l’UPR, de lui rendre visite dans son bureau aux Finances. Cela remonte à très loin et, depuis, l’occasion ne s’est jamais présentée." Ça c’est un rappel et c’est aussi pour la petite histoire.
Aujourd'hui encore, M. El Mokhtar Ould Diay ou son génie montre qu'il est indéboulonnable, increvable. Et comme je l’ai déjà dit à ceux qui avaient donné l’homme pour fini: " voyez où il est. Quel génie !!"
Mais revenons à sa démission et sa reconduction.
Il est évident, pour qui sait analyser, que la démission du Premier ministre El Moctar Ould Diay était prévisible après le rapport de la commission indépendante d’enquête sur les incendies des postes de transformation de la SOMELEC à Nouakchott qui met le gouvernement sous pression.
Cela est d'autant plus vrai que ce rapport, qui a été rendu public sur ordre présidentiel, est une bombe à retardement judiciaire qui pointe des marchés controversés, des attestations douteuses impliquant la SNIM et potentiellement des ministres qui ont signé.
En démissionnant, le premier ministre applique le principe de responsabilité puisque sa nomination en 2024 avait été présentée comme étant pour lutter contre la corruption, la gabegie et la mal-gouvernance.
C'est également le sens et la traduction de sa déclaration au sortir de l'audience de sa remise de la démission du gouvernement : "Les succès enregistrés durant cette période sont avant tout le fruit de la clarté des orientations que Son Excellence n’a cessé de nous donner, de son suivi constant de l’action menée ... "Bien entendu, les insuffisances éventuelles relèvent de ma responsabilité."
Comme quoi en démissionnant, il applique le principe de responsabilité et transmet un message clair: "Personne n'est au-dessus du rapport."
Mais plus important, cette démission met le Président de la République M. Mohamed Ould Ghazouani en position de force pour nommer un nouveau Premier ministre "nettoyeur" et plus dévoué.
Mais qui d’autre, que celui qui avait déjà été présenté comme "l'homme de la lutte contre la corruption et la mal-gouvernance", c'est-à-dire El Moctar Ould Diay?
Ould Ghazouani accepte alors de le reconduire juste après la démission protocolaire du gouvernement.
Ould Diay est donc blanchit et n'aura pas à défendre ceux qui seront touchés par le rapport SOMELEC avec lesquels et le Président et le nouveau Premier ministre auront effectivement pris distance.
Mohamed Ould Khattatt

